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Retour sur l’Euro 2000


Ecrit par le 28 juillet 2009 à 00h38
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Organisé aux Pays-Bas et en Belgique, l’Euro 2000 aura consacré l’équipe française, déjà victorieuse du Mondial il y a deux ans, lors d’une finale avec l’Italie, spectaculaire à plus d’un titre. Un doublé historique pour des « Bleus » dont les carrières évoluent au niveau européen.

 

Un joueur anglais a dit un jour : « Le football est un sport qui se pratique à onze contre onze, et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». C’était il y a quelques années. Une époque où les Bleus ajoutaient des chapitres au roman des perdants magnifiques du sport français. Deux fois, en 1982 puis en 1986, ils s’inclinaient en demi-finale de la Coupe du monde. C’était contre l’Allemagne. Fin juin-début juillet 2000, sur des terrains belges ou néerlandais, onze joueurs espagnols, onze portugais et onze italiens ont certainement pensé très fort que si le football se joue toujours à onze contre onze, à la fin, aujourd’hui, ce sont les Français qui gagnent. Dimanche 25 juin à Bruges (Belgique), France-Espagne : quart de finale du championnat d’Europe des nations. On est dans les arrêts de jeu et l’équipe de France mène 2 à 1, elle est quasiment en demi-finale. Mais l’arbitre siffle un penalty pour les Espagnols ; Raul, le jeune prodige espagnol se charge de le tirer. La tête flanche, le pied tremble, le ballon s’envole. La France est officiellement en demi-finale. Mercredi 28 juin à Bruxelles, voici France-Portugal en demi-finale. Les Bleus n’ont jamais été aussi ballottés depuis le début de la compétition. Pour la première fois, ce ne sont pas eux qui ont ouvert le score. L’attaquant Thierry Henry a égalisé en deuxième mi-temps. Et puis l’équipe de France a poussé. En vain. Il a fallu jouer les prolongations. Au cours desquelles l’arbitre assistant, de sa ligne de touche, signala la main du défenseur Abel Xavier dans la surface. Polémique, discussions, mais penalty quand même ; Zidane le transforme : 2 à 1, la France est en finale !

A 40 secondes de la fin

Dimanche 2 juillet, Rotterdam, enfin France-Italie : finale de l’Euro 2000. L’Italie, que l’on n’attendait peut-être pas à ce stade avant le début de la compétition, a impressionné par son organisation défensive dans ses matchs précédents. Là, elle impressionne tout court. Elle a empêché le milieu de terrain Zinedine Zidane de rayonner sur le jeu. Elle a marqué en début de deuxième mi-temps. Puis elle a défendu. Bec et ongles. Tête et jambes. Et en s’arc-boutant, elle s’approche tout doucement de son premier titre majeur depuis sa victoire lors de la Coupe du monde 1982. L’Italie est à quarante secondes de la victoire. Nous sommes dans les arrêts de jeu quand l’attaquant Sylvain Wiltord égalise sur une passe de David Trezeguet : son ballon est passé entre les jambes de Nesta, sous le bras de Toldo. On jouait la dernière minute. Direction prolongations. A la treizième minute, sur un ballon de Robert Pires, l’attaquant David Trezeguet inscrit le « but en or » qui permet aux Bleus de remporter, deux ans après la Coupe du monde, le championnat d’Europe des nations. Que l’on doive ces buts à des joueurs âgés de vingt-deux à vingt-six ans est la preuve que la relève est assurée dans le football français. Les historiens du foot remarqueront que pour la première fois, l’équipe de France gagne un trophée hors des ses frontières. En effet, seules deux coupes ornaient, jusqu’alors, les étagères bleues : l’Euro 1984 et le Mondial 1998. Les statisticiens diront aussi que la France est la première à réussir le doublé Mondial-Euro dans ce sens. Une autre équipe a remporté les deux épreuves à deux ans d’intervalle, mais d’abord l’Euro, puis la Coupe du monde. C’était… l’Allemagne.

La victoire d’un football latin
France-Espagne, France-Portugal, France-Italie. A quoi ont tenu ces trois victoires ? A quelques millimètres qui font la différence entre un ballon qui entre dans le but et un ballon qui sort. Un peu de chance, un brin de réussite, une once de hargne supplémentaire, un soupçon de réalisme. Il fallait un peu de tout cela pour remporter une compétition d’un niveau extrêmement élevé. Peut-être supérieur à celui de la Coupe du monde. Seize équipes s’alignaient. Huit n’ont pas survécu à la première phase de qualification, et non des moindres, puisque l’Allemagne et l’Angleterre ont été éliminées dès le premier tour. Les ont accompagnées, entre autres : la Belgique, la Suède, le Danemark. Car en effet cet Euro fut un « show » latin et une cruelle désillusion pour le football anglo-saxon, trop stéréotypé. On ne fait plus la différence uniquement sur la force et la course. D’autant que les pays de « techniciens » ont largement comblé leur retard en matière de physique. « C’est dans la créativité, le talent et la technique que l’on s’exprime aujourd’hui. Si l’on peut y ajouter la puissance et la qualité athlétique, c’est encore mieux », analyse Roger Lemerre, entraîneur de l’équipe de France. Cet Euro aura été un festival d’offensives et de beau jeu, de vitesse et de tactique, d’engagement et de virtuosité. Il aura prouvé, également, le décalage en Europe, entre le football des clubs et celui des équipes nationales. Trois des quatre pays demi-finalistes (France, Pays-Bas, Portugal) sont des « exportateurs » de joueurs de football : les clubs n’ont plus les moyens de retenir leurs joueurs qui s’exilent vers les championnats « riches », notamment le championnat d’Italie, réputé pour être le meilleur du monde. Dans lequel ont joué, jouent ou joueront, les Blanc, Deschamps, Zidane, Candela, Henry, Trezeguet, et d’autres. Car si les Bleus sont désormais champions d’Europe et du monde, c’est sans doute une victoire de la formation à la française. Mais aussi celle du « foot business » qui les voit s’expatrier dans les plus grands – car plus riches – clubs européens. Sur les vingt-deux Français sélectionnés pour l’Euro, dix-sept joueront à l’étranger lors de la saison 2000-2001.
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